Ce n’est pas de ta faute.

Comment hériter d’un monde que l’on n’a pas abîmé sans renoncer à essayer de le réparer ?
Le point de vue de Louise Thiard

Il y a quelque chose d’étrange à avoir vingt ou trente ans aujourd’hui.

Nous arrivons à peine dans la vie adulte et nous savons déjà beaucoup de choses sur l’état du monde.

Nous savons que le climat se réchauffe, que des espèces disparaissent, que les sols s’artificialisent, que les océans s’acidifient et que nos économies restent dépendantes des énergies fossiles. Nous connaissons des mots que nos grands-parents utilisaient rarement à notre âge : empreinte carbone, limites planétaires, neutralité carbone, effondrement de la biodiversité, éco-anxiété.

Puis vient assez vite une injonction : maintenant que tu sais, fais quelque chose.

Prends moins l’avion. Mange moins de viande. Achète moins. Trie mieux. Répare. Prends ton vélo. Vote. Travaille pour une entreprise engagée. Refuse les projets absurdes. Convaincs tes collègues. Réduis ton empreinte.

Et parfois une pensée assez simple surgit :

Mais je viens d’arriver. Pourquoi est-ce déjà à moi de réparer tout ça ?

À peine arrivés, déjà responsables

Il m’arrive de culpabiliser devant des choses auxquelles je n’ai pourtant presque pas participé.

Devant un billet d’avion alors que l’aviation commerciale s’est développée bien avant ma naissance. Devant un matériau neuf alors que notre système industriel repose depuis deux siècles sur l’extraction massive de ressources. Devant une voiture, un emballage, un achat, un chantier.

Nous héritons de villes déjà dessinées, d’un parc immobilier déjà construit, d’autoroutes, de réseaux énergétiques, de chaînes logistiques, de normes sociales et de modèles économiques élaborés par plusieurs générations successives.

Nous n’avons choisi ni leur architecture ni leur dépendance aux ressources.

Pourtant, la responsabilité semble descendre jusqu’au consommateur.

À moi de choisir le bon produit dans un supermarché dont je n’ai choisi ni les fournisseurs, ni les emballages, ni les chaînes d’approvisionnement.

À moi de ne pas prendre ma voiture dans une ville parfois organisée autour d’elle.

À moi de réduire l’empreinte d’un logement dont je n’ai choisi ni la construction, ni l’orientation, ni le système de chauffage.

Nous en arrivons à demander aux individus d’être écologiquement cohérents à l’intérieur de systèmes qui ne le sont pas.

Cette contradiction n’annule pas notre responsabilité personnelle. Nos choix ont des conséquences. Ils modifient des normes sociales, soutiennent certains modèles plutôt que d’autres et peuvent peser politiquement.

Mais il faut distinguer deux choses : participer aujourd’hui à un problème et être responsable de sa création.

Les responsabilités sont aussi très inégalement réparties. Une étude de Lucas Chancel publiée dans Nature Sustainability estime qu’en 2019 les 10 % les plus émetteurs de la population mondiale étaient responsables de 48 % des émissions mondiales, contre 12 % pour la moitié la moins émettrice.

Parler indistinctement de « notre » empreinte ou de « notre » responsabilité efface donc une question autrement plus embarrassante : qui consomme quoi, qui possède quoi, qui décide quoi ?

Nous habitons tous la même planète.

Nous n’avons pas tous le même volant entre les mains.

Les jeunes ont-ils toujours trouvé le monde aussi laid ?

Il faut pourtant se méfier d’un narcissisme générationnel.

Nous ne sommes pas la première génération à entrer dans l’âge adulte en trouvant le monde violent, absurde ou mal organisé.

Nos grands-parents ont connu la guerre ou ses conséquences. D’autres ont grandi avec la menace nucléaire, les chocs pétroliers, la guerre froide, le chômage de masse, les conflits coloniaux.

Dans les années 1960 et 1970, une partie de la jeunesse dénonçait déjà la société de consommation, la pollution, l’industrie, le nucléaire et une certaine idée du progrès.

Devenir adulte signifie probablement aussi découvrir que le monde fonctionne beaucoup moins bien qu’on ne l’imaginait enfant.

On comprend que les institutions sont imparfaites, que les adultes n’ont pas nécessairement de plan, que les décisions publiques peuvent être médiocres et que personne ne maîtrise vraiment l’ensemble.

Cette désillusion n’est pas nouvelle.

Mais notre époque ajoute autre chose.

Nous ne vivons pas seulement avec la peur d’une catastrophe possible. Nous observons des transformations environnementales déjà engagées, mesurées et documentées, dont certaines se poursuivront pendant des décennies ou des siècles.

Et nous les observons presque en direct.

Une personne vivant il y a un siècle pouvait traverser une époque terriblement violente sans recevoir chaque matin des images d’un incendie au Canada, d’une sécheresse en Méditerranée, d’une inondation en Asie, d’une guerre en Europe et d’une nouvelle courbe climatique.

Nous avons acquis une capacité presque mondiale à voir les problèmes sans acquérir une capacité équivalente à agir sur eux.

Je peux apprendre en quelques secondes qu’une catastrophe frappe un territoire à dix mille kilomètres.

Je ne peux presque rien faire pour l’empêcher.

Cet écart entre ce que nous savons et ce sur quoi nous avons prise nourrit sans doute une partie du malaise contemporain.

Nous sommes informés comme si nous pouvions agir partout.

Mais nous restons des individus situés quelque part.

Être inquiet dans un monde inquiétant

Le mot « éco-anxiété » est devenu courant.

Il faut pourtant éviter d’en faire une pathologie automatique.

En 2021, Caroline Hickman et plusieurs chercheurs, dont Susan Clayton et Panu Pihkala, ont interrogé 10 000 jeunes de 16 à 25 ans dans dix pays. Leur étude, publiée dans The Lancet Planetary Health, décrit une forte inquiétude climatique et établit un lien entre cette détresse et la perception d’une réponse insuffisante des gouvernements.

Ce point m’intéresse particulièrement.

L’angoisse ne naît pas seulement de la crise écologique.

Elle naît aussi de l’écart entre ce que l’on nous dit et ce que l’on voit.

On nous explique que la situation exige des transformations rapides.

Puis, le lundi matin, presque tout recommence comme avant.

Production, consommation, publicité, déplacements, construction, croissance.

La contradiction est difficile à absorber.

Susan Clayton distingue ainsi une anxiété climatique qui peut pousser à s’informer et à agir d’une anxiété qui devient invalidante. Panu Pihkala travaille de son côté sur les différentes émotions écologiques et sur la manière dont peur, tristesse, culpabilité ou colère peuvent se combiner.

Être inquiet devant une situation inquiétante n’est donc pas nécessairement un dysfonctionnement.

Cela peut aussi vouloir dire que quelque chose nous importe encore.

Que nous sommes attachés à un paysage.

À une forêt.

À une espèce.

À un climat.

À une certaine idée du futur.

Glenn Albrecht a proposé le terme de solastalgie pour décrire la détresse ressentie lorsque l’environnement auquel on est attaché se transforme alors même qu’on continue à y vivre.

On ne regrette pas un lieu que l’on a quitté.

C’est le lieu lui-même qui disparaît autour de nous.

Il existe peut-être quelque chose d’encore plus étrange pour ma génération : faire le deuil de choses que nous n’avons parfois même pas eu le temps de connaître.

Le procès impossible des générations précédentes

À l’inquiétude s’ajoute facilement la colère.

Pourquoi n’avez-vous rien fait ?

Pourquoi avoir attendu ?

Pourquoi avoir construit des villes dépendantes de la voiture, multiplié les zones commerciales, détruit des bâtiments pour en reconstruire d’autres, artificialisé les sols, produit autant d’objets impossibles à réparer ?

Le procès générationnel est tentant.

Il tient mal dès qu’on regarde les responsabilités de près.

« Les générations précédentes » n’ont jamais existé comme groupe homogène.

Un ouvrier né en 1950, le dirigeant d’une compagnie pétrolière, une agricultrice, un ministre, une militante antinucléaire et un ingénieur automobile appartiennent éventuellement à la même génération.

Ils n’ont ni le même pouvoir, ni les mêmes intérêts, ni les mêmes responsabilités.

Certains ont profité du modèle.

D’autres l’ont subi.

Certains l’ont construit.

D’autres l’ont combattu.

Des scientifiques, écrivains, associations et militants alertaient déjà depuis longtemps.

Le problème n’est donc pas seulement l’âge.

Il faut regarder qui savait, qui pouvait décider, qui tirait profit du système, qui s’y opposait et qui continue aujourd’hui à bloquer les transformations.

Cette grille de lecture est moins confortable que l’opposition entre « jeunes » et « boomers ».

Mais elle est beaucoup plus juste.

Un jeune très riche peut émettre beaucoup plus qu’un retraité modeste.

Une personne de soixante-dix ans peut avoir consacré quarante ans à défendre des transformations que quelqu’un de vingt-cinq ans découvre aujourd’hui.

La date de naissance explique moins que le pouvoir, les revenus, les choix politiques et la position occupée dans le système.

Ce n’est pas de ta faute

Il faut alors pouvoir dire une phrase toute simple :

Ce n’est pas de ta faute.

Pas pour se rassurer.

Pour distinguer des choses que nous mélangeons facilement.

Hannah Arendt sépare la culpabilité de la responsabilité politique.

La culpabilité renvoie à ce que j’ai fait.

La responsabilité peut dépasser mes actes personnels. Elle tient aussi au monde commun auquel j’appartiens et à la position que j’y occupe.

Je n’ai pas inventé le béton.

Je n’ai pas construit les autoroutes françaises.

Je n’ai pas choisi le mix énergétique mondial.

Je n’ai pas décidé que la réussite économique devait se mesurer en grande partie par la croissance continue de la production et de la consommation.

Je n’ai donc aucune raison de porter personnellement la culpabilité de cette histoire.

Mais j’en hérite.

Et c’est là que le raisonnement devient moins confortable.

Maintenant que nous sommes là

Ne pas être coupable ne signifie pas être extérieur au problème.

Hans Jonas a développé, à la fin des années 1970, une philosophie de la responsabilité adaptée à une civilisation dont les moyens techniques ont acquis des effets beaucoup plus longs et beaucoup plus vastes qu’auparavant.

Nos décisions ne concernent plus seulement nos contemporains.

Elles transforment aussi les conditions de vie de personnes qui ne sont pas encore nées.

Nous sommes donc dans une position assez étrange.

Nous héritons de conséquences que nous n’avons pas provoquées.

Et nous devenons presque immédiatement responsables de ce que nous transmettrons à notre tour.

C’est injuste.

Mais aucune génération ne choisit entièrement le monde qu’elle reçoit.

Elle choisit seulement ce qu’elle ajoute, ce qu’elle conserve, ce qu’elle transforme et ce qu’elle transmet.

D’où une question plus difficile :

Peut-on avoir la responsabilité de réparer quelque chose dont on n’est pas coupable ?

Je crois que oui.

Imaginez que vous entriez dans une pièce et découvriez une fuite d’eau.

Vous n’avez pas percé la canalisation.

Vous n’êtes coupable de rien.

Mais si vous voyez le robinet d’arrêt à côté de vous et décidez de continuer votre chemin, la situation change.

Votre responsabilité ne vient pas de ce qui s’est passé avant votre arrivée.

Elle vient de ce que vous pouvez faire maintenant.

Cette idée comporte toutefois un piège.

Nous n’avons pas à sauver le monde

Une responsabilité qui ne tient aucun compte de notre pouvoir réel devient écrasante.

Je ne sauverai pas le climat avec une gourde.

Je ne restaurerai pas la biodiversité parce que j’ai acheté un pantalon d’occasion.

Je ne transformerai pas le secteur du bâtiment en réemployant trois lavabos.

Cela ne rend pas ces gestes inutiles.

Cela signifie seulement qu’ils ont une portée précise.

Nous faisons une erreur lorsque nous demandons à chacune de nos décisions individuelles de résoudre des problèmes qui dépassent très largement l’individu.

La question :

« Comment puis-je sauver la planète ? »

est presque condamnée à produire de l’impuissance.

Je préfère désormais une autre question :

« Où ai-je réellement du pouvoir ? »

Dans mon métier ?

Dans les projets sur lesquels je travaille ?

Dans mon entreprise ?

Dans une association ?

Dans les marchés que je rédige ?

Dans les personnes que je rencontre ?

Dans les décisions auxquelles j’ai accès ?

Dans mon vote ?

Dans un collectif ?

Le changement de formulation paraît faible.

Il change pourtant notre position.

La première question nous place devant quelque chose d’immense.

La seconde cherche un point d’appui.

Il y a aussi quelque chose de politiquement commode dans notre culpabilité

La culpabilité écologique possède un défaut : elle nous ramène sans cesse à nous-mêmes.

Ai-je assez bien trié ?

Ai-je trop voyagé ?

Est-ce que mon téléphone est trop récent ?

Devrais-je manger cela ?

Ai-je le droit d’acheter ceci ?

Suis-je cohérente ?

Pendant ce temps, il est possible de ne jamais poser d’autres questions.

Pourquoi ce produit existe-t-il ?

Pourquoi est-il moins cher de jeter que de réparer ?

Pourquoi construit-on encore ainsi ?

Pourquoi la publicité continue-t-elle à organiser la surconsommation ?

Pourquoi les règles économiques rendent-elles certaines pratiques destructrices rentables ?

Pourquoi les infrastructures m’imposent-elles certains comportements ?

La culpabilité peut donc produire une situation paradoxale : nous nous sentons personnellement très responsables tout en restant politiquement assez impuissants.

Une société composée de consommateurs angoissés mais de citoyens désarmés ne change pas forcément grand-chose.

Nous avons besoin de gestes individuels.

Mais surtout de métiers, de collectifs, de lois, de standards, de décisions budgétaires, de rapports de force et d’organisations capables de modifier les conditions dans lesquelles ces gestes deviennent possibles.

La responsabilité ne doit pas seulement descendre vers l’individu.

Elle doit aussi remonter vers ceux qui ont davantage de pouvoir.

Que faire de la colère ?

Je ne crois pas beaucoup aux appels à l’optimisme.

« Il faut rester optimiste » est une phrase étrange.

Optimiste sur quoi ?

Sur l’évolution des températures ?

Sur nos systèmes politiques ?

Sur le rythme de transformation de l’économie ?

Je n’en sais rien.

Et je ne vois pas pourquoi il faudrait croire que tout finira bien pour avoir une raison d’agir.

Nous acceptons cette incertitude dans beaucoup d’autres domaines.

Un médecin soigne sans garantir la guérison.

Un avocat défend sans connaître le verdict.

On protège quelqu’un sans savoir si l’on réussira.

Pourquoi faudrait-il disposer d’une garantie de succès avant de prendre soin du monde dans lequel nous vivons ?

L’action ne demande pas nécessairement de l’optimisme.

Elle demande de savoir ce que nous voulons défendre.

La colère elle-même n’est pas forcément un problème.

Elle indique parfois qu’une limite a été franchie.

La tristesse peut révéler un attachement.

La peur peut nous avertir.

Ce qui compte est ce que ces émotions deviennent.

La colère peut finir en cynisme.

Ou devenir une contestation.

La peur peut paralyser.

Ou pousser à se préparer.

La tristesse peut devenir résignation.

Ou renforcer notre attention à ce que nous refusons de perdre.

La culpabilité, elle, tourne facilement en rond.

Devenir adulte sans devenir cynique

Je crois finalement que mon malaise tient moins au fait de découvrir que le monde va mal qu’au fait de découvrir combien il est difficile de le modifier.

Enfant, les problèmes paraissent souvent simples.

S’il y a trop de déchets, il faut arrêter de jeter.

Si une espèce disparaît, il faut la protéger.

Si le climat se réchauffe, il faut moins émettre.

Puis on entre dans la vie professionnelle.

Et l’on découvre les contrats, les budgets, les assurances, les délais, les intérêts économiques, les habitudes, les normes, les responsabilités juridiques, les rapports hiérarchiques.

On découvre que beaucoup de choses absurdes ne sont pas absurdes par accident.

Elles ont parfois leur logique.

Elles rapportent de l’argent.

Elles réduisent un risque.

Elles facilitent une organisation.

Elles sont simplement devenues normales.

Le danger est alors de confondre maturité et résignation.

À force de comprendre pourquoi les choses sont compliquées, on peut finir par expliquer pourquoi elles doivent rester comme elles sont.

Peut-être que devenir adulte consiste aussi à apprendre la complexité sans perdre entièrement notre capacité à trouver certaines situations inacceptables.

Ce n’est pas ma faute. Mais c’est désormais aussi mon histoire.

Je refuse progressivement de me sentir coupable d’être née dans un système que je n’ai pas choisi.

Je refuse aussi d’utiliser cette absence de culpabilité comme excuse.

Je n’ai pas construit le monde dont j’hérite.

Mais j’y habite.

J’y travaille.

J’y vote.

J’y conçois des choses.

J’y rencontre des personnes.

J’y possède quelques compétences.

J’y ai parfois accès à une décision, un projet, un matériau, une personne qu’il est possible de convaincre.

C’est peu.

Mais ce n’est pas rien.

Ma responsabilité n’est pas de réparer deux siècles d’industrialisation.

Elle n’est pas de devenir une consommatrice parfaite.

Elle n’est pas de porter le poids moral de huit milliards d’êtres humains.

Elle consiste plutôt à identifier les endroits où j’ai réellement une prise et à décider ce que j’en fais.

Ce déplacement me paraît plus exigeant que la culpabilité.

La culpabilité demande : « Suis-je quelqu’un de bien ? »

La responsabilité demande : « Qu’ai-je fait de ce que je pouvais faire ? »

Un jour, nous serons à notre tour la génération précédente.

D’autres naîtront dans un monde qu’ils n’auront pas choisi.

Ils auront eux aussi le droit de regarder ce que nous savions, les moyens dont nous disposions et les décisions que nous avons prises.

Je ne voudrais pas leur répondre que j’étais trop anxieuse pour agir.

Je ne voudrais pas non plus leur dire :

« Ce n’était pas de ma faute. »

Alors je préfère garder deux phrases ensemble.

Ce n’est pas de ma faute.

Et :

maintenant que je suis là, qu’est-ce qui dépend réellement de moi ?

Entre les deux, il n’y a ni absolution ni héroïsme.

Il y a simplement une place pour agir.

Sources et références

Caroline Hickman, Elizabeth Marks, Panu Pihkala, Susan Clayton et al. — Climate anxiety in children and young people and their beliefs about government responses to climate change: a global survey — The Lancet Planetary Health, 2021. Enquête menée auprès de 10 000 jeunes de 16 à 25 ans dans dix pays.

Susan Clayton — Climate anxiety: Psychological responses to climate change — Journal of Anxiety Disorders, 2020. Travaux consacrés aux réponses psychologiques au changement climatique et à la distinction entre inquiétude mobilisatrice et anxiété invalidante.

Panu Pihkala — Eco-Anxiety and Environmental Education — Sustainability, 2020 ; travaux ultérieurs sur l’éco-anxiété et le deuil écologique.

Glenn Albrecht et al. — Solastalgia: The Distress Caused by Environmental Change — Australasian Psychiatry, 2007. Développement du concept de solastalgie, forgé quelques années auparavant par Glenn Albrecht.

Lucas Chancel — Global carbon inequality over 1990–2019 — Nature Sustainability, 2022. Analyse de la répartition des émissions selon les niveaux de revenus et de patrimoine.

Hannah Arendt — Collective Responsibility, conférence de 1968, publiée ensuite dans plusieurs recueils. Réflexion sur la distinction entre culpabilité individuelle et responsabilité politique.

Hans Jonas — Das Prinzip Verantwortung (Le Principe responsabilité) — 1979. Réflexion sur les conséquences à long terme de la puissance technique et sur nos obligations envers les générations futures.

Pierre-Eric Sutter, Sylvie Chamberlin, Léonie Messmer — Éco-anxiété en France — Étude 2025 — étude soutenue par l’ADEME, 2025.